Lundi 6 février 2012

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Comment volent les mouches ?

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Pour que le vol des mouches soit efficace, ces dernières sont obligées de battre très rapidement des ailes. Le bourdonnement familier et omniprésent de la mouche, qui s'apparente au bruit d'un petit avion, découle directement de ce phénomène. A titre d'exemple, la Drosophila melanogaster, encore appelée "mouche du vinaigre", déplace ses ailes à une fréquence de 200 Hertz, les muscles de ses ailes se contractant et se détendant près de 200 fois par seconde. La question qui s'est posée aux scientifiques de l'Institut Max Planck de Biochimie (MPIB) de Martinsried (Bavière) a été de comprendre comment cette mouche peut atteindre une telle fréquence de battement, alors qu'en comparaison, un sprinter ne bouge que quelque fois ses jambes au cours d'un 100m.

Les muscles contrôlent tous les mouvements effectués par un individu, y compris ceux de l'aile. Cependant, les muscles nécessaires au vol sont uniques. Leur contraction n'est pas seulement contrôlée par des impulsions nerveuses, elle est également induite par une contrainte de tension. Chaque mouche possède deux catégories de muscles nécessaires au vol, l'une pour déplacer l'aile vers le bas et tendre le muscle, et l'autre, son antagoniste, pour entrainer une contraction et un déplacement vers le haut. Ainsi, des séquences directes de mouvements alternant avec de rapides rotations, appelées saccades, permettent à la mouche de s'envoler et d'acquérir un cycle stable de vol.

Les chercheurs du MPIB ont découvert que l'action de voler chez les mouches dépend d'un seul interrupteur génétique. Sans ce dernier les mouches restent viables mais n'ont pas la capacité de voler. Avec l'aide de mutations ciblées de gènes chez la mouche du vinaigre, les scientifiques ont identifié l'interrupteur "spalt" crucial pour la formation des muscles de vol. Sans ce gène, les muscles de vol ne répondraient plus aux contraintes de tension et se comporteraient comme de simples muscles de pattes.

Les résultats de cette découverte pourraient être utiles en médecine humaine. Les scientifiques envisagent une similitude dans le fonctionnement du muscle cardiaque par les tensions existantes dans les ventricules qui affectent la force des battements du coeur. Toutefois, le rôle éventuel que pourrait jouer l'interrupteur "spalt" n'est pas encore connu et nécessite encore des recherches.

source : BE Allemagne numéro 549 (24/11/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT -
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68305.htm

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