Vendredi 10 février 2012

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Du pétrole pour combien de temps encore ?

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Quand est-ce que les ressources pétrolières seront épuisées, que ce soit en Russie ou dans le reste du monde ? Pour Alexeï Kontorovitch, c'est une certitude, la question ne se posera pas avant la fin du XXIe siècle.

"L'évocation de la disparition prochaine du pétrole et du gaz ne sert qu'à semer un peu la panique", estime l'académicien. Il souligne également que le pétrole n'est pas le seul hydrocarbure. Le gaz et le pétrole sont appelés aussi à jouer demain un rôle majeur sous des formes inhabituelles. Ainsi, les hydrates de gaz, découverts apparemment par des chercheurs russes, pourraient bien constituer le combustible de l'avenir. Ils se présentent sous la forme de glace friable contenant du méthane. On les trouve sur les pentes océaniques, à des profondeurs variant entre 400 et 500 m et plus. Les réserves de ce "gaz solide" seraient, selon certaines estimations, supérieures de plusieurs fois à celles des gisements de gaz "traditionnels". La gazéification de la houille peut elle aussi constituer une alternative au pétrole.

"A partir, en gros, du milieu du siècle, le volume de la production pétrolière mondiale va commencer progressivement à baisser", estime Alexeï Kontorovitch. D'ici la fin du siècle, la production tombera à 2-2,5 milliards de tonnes par an. Il existe cependant dans le monde d'énormes réserves de pétrole "lourd", constituées par des sables et schistes bitumineux, qui ne sont à l'heure actuelle pratiquement pas exploitées. Mais l'extraction et la transformation de ces matières premières ne peuvent être économiquement rentables que si le pétrole se négocie à un prix élevé.

Les schistes sont largement répandus de par le monde. Toute la Sibérie occidentale, par exemple, en abrite, mais les gisements se situent à des profondeurs de 2,5 à 2,7 km. Des schistes noirs se trouvent en grande quantité, et pratiquement en surface, à l'est de la Sibérie, en Yakoutie, depuis l'océan Glacial arctique jusqu'au fleuve Aldan, tout au long de la Léna. En utilisant des méthodes modernes de transformation, on peut en tirer tout un arsenal de produits pétroliers. C'est l'affaire des pétrochimistes et spécialistes de la catalyse. Si les géologues, les pétroliers et les chimistes s'attaquent un peu partout à ces ressources "lourdes", la production de pétrole à hauteur de 4,5 à 4,8 milliards de tonnes par an pourra être maintenue jusqu'à la fin du siècle, et peut-être même au-delà. Mais il faut être bien conscient qu'il s'agira d'un pétrole cher.

A propos de pétrole cher, Alexeï Kontorovitch rappelle que trois grandes régions du monde ont été les principales bénéficiaires du premier grand choc pétrolier des années 70 : l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale et l'URSS. Avec un prix de 10 à 20 dollars, il n'aurait pas été rentable de produire du pétrole dans des régions telles que l'Alaska, la mer du Nord, la mer de Norvège, l'Alaska, le nord de la Sibérie occidentale, la Sibérie orientale, ou dans les grandes profondeurs du golfe du Mexique. Et l'académicien de conclure qu'en tout état de cause, la Russie aura absolument besoin, pour développer sa production dans des zones difficiles et inhabitées, que le pétrole demeure cher.

source : BE Russie numéro 29 (6/04/2010) - Ambassade de France en Russie / ADIT -
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62928.htm